La France à la traîne sur les programmes Galileo et Egnos !

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La Cour des comptes a rendu public, fin janvier 2016, un référé sur la contribution de la France aux programmes européens Galileo et Egnos de radionavigation par satellite.

Galileo… une science pas encore tout à fait exacte !
Galileo… une science pas encore tout à fait exacte !

En rappelant le caractère stratégique de cet équivalent européen (Galileo) du GPS américain, la Cour des comptes a fait état, à l’attention du Premier ministre Manuel Valls, de retards et de surcoûts importants, mais explicables, dans la conduite des deux programmes. Elle constate des progrès inégaux dans la préparation de l’offre de services, alors qu’Egnos est opérationnel depuis 2009 et que Galileo devrait commencer à l’être en 2017. Elle souligne par ailleurs l’absence de stratégie industrielle spatiale au niveau européen et la fragilité de la contribution industrielle française. Le risque existe que la France ne tire pas suffisamment parti de Galileo et d’Egnos, après en avoir été pourtant le premier et le plus tenace promoteur. Enfin, la gouvernance de ces programmes, jugée problématique, doit être améliorée.

Des retards et des surcoûts importants

Galileo devait, lorsque le programme a été approuvé par le Conseil en 1999, être mis en service en 2008. Finalement, seize ans après son lancement, l’exploitation de Galileo avec une constellation complète est repoussée à 2021, soit avec un retard de treize ans. Pour sa part, le service ouvert d’Egnos, qui fonctionne actuellement en interaction avec le seul système GPS, n’a été déclaré opérationnel qu’en 2009, avec un retard de six ans sur le calendrier initial.

Du fait d’une combinaison de déboires techniques, mais aussi d’une conduite de projet peu performante, le coût à terme du programme Galileo est ainsi désormais évalué à près de 9,9 milliards d’euros courants, soit 10,2 milliards d’euros (la moitié ayant été dépensée à la fin de 2013), ce qui correspond à trois fois le coût initialement prévu.

Pour Egnos, son déploiement aura coûté 700 millions d’euros, soit deux fois plus que prévu. Au total, sur la période 1994-2020, ce sont, selon les estimations actuelles, plus de 13 milliards d’euros (2014) qui seront à la charge des contribuables européens, dont 2,45 pour la contribution française, pour un coût prévu initialement de 4,6 milliards d’euros.

Une des cause est propre à l’Europe, à savoir que ce type de grands programmes d’infrastructure pris en charge, directement et complètement, y compris l’exploitation, par l’Union européenne elle même, donc dans un cadre interétatique, offre moins de facilités qu’une maîtrise d’ouvrage exclusivement nationale, de surcroît confiée à l’armée, comme c’est le cas pour chacun des trois autres systèmes mondiaux aujourd’hui en service ou en construction, le GPS américain, le Glonass russe et le BeiDou (Compass) chinois.

En réponse, le Premier ministre déclare « partager pleinement l’analyse de la Cour des comptes. La mise en œuvre d’un système de radionavigation par satellite robuste et crédible est un objectif prioritaire de la France. Le Gouvernement s’est mobilisé pour faire de Galileo un succès européen répondant à nos objectifs stratégiques ». À la suite de quoi, il émet naturellement quelques observations.

À retenir :
Galileo et Egnos visent à doter l’Europe de son propre système de radionavigation (GNSS - Global Navigation Satellite System), avec des performances au moins équivalentes à celles du GPS (Global Positioning System) américain : Galileo est une constellation de trente satellites, associée à un réseau de stations terrestres, destinée à la géolocalisation et à la datation. Egnos, constitué d’un réseau de stations terrestres et de satellites géostationnaires, a pour fonction d’améliorer les performances du GPS et de Galileo dans une zone de couverture un peu plus large que l’Europe.

Mots clefs associés à cet article : Géolocalisation, GPS, Cartographie

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