Erreurs de pilotage ?

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Erreurs de pilotage ?

Il y a deux ans, nous nous posions la question de savoir comment faire face et recouvrer de la croissance après une crise économique et financière sans précédent pour ce siècle. Un vaste plan d’aide alloué au secteur automobile et financier avait été mis en place avec emprunts et aides de l’État à la clef. Nos constructeurs, confiants, ont alors beaucoup investi dans l’amélioration de leurs motorisations thermiques et le développement de véhicules hybrides et électriques.
Aidés par la mise sous perfusion du marché des particuliers, ils se sont ensuite tournés vers celui des entreprises, des administrations et collectivités locales. Mais, première erreur, ils ont joué un marché après (contre ?) l’autre et sur un plan local seulement. Leur périmètre était trop limité, trop franco-français, à peine européen ou alors cantonné à des pays limitrophes plongés dans un état beaucoup plus critique que le nôtre.
Deux ans après, le feu qui couvait toujours dans la maison automobile a repris de plus belle. On apprend en effet que le groupe PSA est très mal en point (- 819 millions d’euros de résultat net à fin juin 2012) et doit se séparer de plus de 8 000 salariés et fermer et/ou réduire certains sites de production et que Renault connait un résultat net en baisse. La faute à qui ? En grande partie à la vision à très court terme des capitaines d’industrie accumulant les erreurs stratégiques du type : ne pas pousser plus avant le développement des petits moteurs essence et faire le choix de l’hybride Diesel alors que l’échéance des normes Euro 6 et 7 est connue depuis longtemps, que le Diesel est avant tout un choix franco-germanique, que l’OMS vient enfin de déclarer à juste titre, que les émissions dues aux moteurs Diesel sont fortement cancérigènes et que l’on pousse également la fabrication des véhicules électriques quand les infrastructures de recharge sont quasi inexistantes et tout juste standardisées… Et cela une fois encore en raisonnant aux limites de nos frontières européennes, alors que le monde automobile en général, lui, se porte plutôt bien (+ 6,5 % à 6 mois 2012).
Pis, notre gouvernement et son ministre du Redressement productif leur emboîtent le pas avec une révision de la politique fiscale exclusivement tournée vers le CO2 (mais que font les Verts ?), le renforcement des aides en faveur des véhicules hybrides Diesel et le développement des modèles électriques. Tout cela, alors que des mesures radicales devraient être prises. Peugeot-Citroën doit réellement décliner ses gammes, s’internationaliser, passer les bons accords technologiques, quitte même à se marier. Faute de quoi, il demeurera à jamais un petit constructeur franco-français amené à être racheté ou à disparaître… Et qu’attend de son côté Renault, pour se lancer également dans l’hybride (essence) potentiellement générateur de vrais volumes mondiaux ?
Sur ce, bonnes réflexions, le temps des congés s’y prête et bonnes vacances à tous !

Mots clefs associés à cet article : Économie

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