Entrepreneurs français : un moral entamé

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À l’échelle mondiale, les indices de confiance des entrepreneurs sont à leur plus haut niveau depuis quatre ans, mais ils augmentent moins vite qu’en 2013.
En France, le moral des entrepreneurs stagne.

Sage publie en cette mi-octobre 2014 les résultats du Sage Business Index 2014, son baromètre annuel mesurant le niveau de confiance et l’attitude des entreprises conduit auprès de 13 700 petites et moyennes entreprises réparties dans 18 pays. Alors que la majorité des entrepreneurs du panel mondial anticipe une hausse de leur chiffre d’affaires, les entrepreneurs français prévoient une baisse de 1,6 % de leur chiffre d’affaires moyen sur 2015, plus du tiers d’entre eux anticipent une diminution.
Selon le Sage Business Index 2014, les indices de confiance des entrepreneurs continuent de progresser pour dépasser leur niveau de 2011, mais ils augmentent moins vite qu’en 2013. Dans ce contexte, la confiance des chefs d’entreprises français reste basse envers l’économie nationale (35,07), en particulier dans les régions du nord de la France. C’est l’indicateur le plus bas de l’ensemble des pays européens : comparativement, dans plus de la moitié des pays interrogés, la barre des 50 a été franchie, synonyme de confiance dans les perspectives de croissance nationale.
L’optimisme des chefs d’entreprise français envers leur activité reste bas lui aussi et ne progresse presque plus (+ 0,29), alors que l’an dernier la France connaissait l’une des plus fortes poussées de confiance (+ 9,61) avec le Portugal (+ 11). Comparativement, la confiance des Espagnols et des Portugais a continué sur sa lancée avec des croissances respectives de 5,68 et 5,07 points. La France est aujourd’hui le pays le moins optimiste du panel, en particulier dans le bâtiment. En conséquence, seulement 38 % des entrepreneurs français anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires en 2015 (contre 58 % à l’échelle mondiale). Les entreprises françaises estiment que leur chiffre d’affaires moyen va baisser de 1,6 % sur 2015. C’est le seul grand pays du panel à envisager une baisse. Cela représente un écart de 3 points avec l’Espagne et la Suisse, de presque 4 points avec l’Allemagne, et de 5 avec la Grande-Bretagne. Cette baisse est particulièrement visible dans les entreprises françaises du bâtiment, et il faut signaler que celles du secteur de la IT/ingénierie sont les plus optimistes avec une prévision de croissance de 1,7 % de leur chiffre d’affaires.

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L’inquiétude manifestée par les chefs d’entreprise français les rend prudents. Ils vont se concentrer sur la fidélisation et n’envisagent pas d’utiliser l’emploi comme variable d’ajustement. La France est le pays le moins optimiste du panel avec une prévision de croissance des effectifs de 0,4 % alors qu’à l’échelle mondiale plus des 2/5 des chefs d’entreprise anticipent une croissance (soit une croissance moyenne des effectifs de 2 %). Cette tendance est plus marquée dans les secteurs de la IT/ingénierie, qui anticipent une croissance de leurs effectifs plus forte que la moyenne mondiale (2,3 %). Seuls les secteurs du bâtiment (– 0,1 %) et des transports/aéronautique/automobile (– 0,9 %) anticipent une baisse des effectifs.
Sur le marché extérieur, 44 % des entreprises françaises exportent. C’est moins qu’en Allemagne (47 %), mais plus qu’en Espagne (42 %), qu’en Grande-Bretagne (40 %) ou qu’aux États-Unis (33 %). La part de l’export dans les entreprises françaises représente en moyenne 18 % du chiffre d’affaires, ce qui les place au même niveau que les entreprises anglaises (20 %), allemandes ou américaines (17 %). Pour les Français, les principales barrières à l’export sont la législation et la concurrence internationale, alors qu’au niveau mondial les entreprises désignent plutôt les coûts logistiques. La sensibilité des exportateurs français sur les questions de compétitivité se manifeste également dans l’attention qu’ils portent à la réputation de leur pays : c’est leur quatrième préoccupation devant la stabilité financière ou la langue. 40 % des entrepreneurs français souhaitent que leur gouvernement soutienne la notoriété de leur pays à l’étranger. C’est le seul pays à exprimer si fortement ce souhait.

En résumé :

- 58 % des entreprises prévoient une augmentation moyenne de 2,5 % de leur chiffre d’affaires l’an prochain, 21 % seulement pensent que celui-ci va diminuer ;
- 43 % des entreprises affirment que le nombre de leurs employés va augmenter au cours des douze prochains mois, tandis que le 9 % seulement prévoient une diminution ;
- Près de la moitié (49 %) des décideurs dans les entreprises se décrivent comme des preneurs de risque et 31 % seulement se considèrent comme étant hostiles au risque, contre respectivement 47 % et 32 % en 2013 ;
- 41 % des entreprises sondées ont une activité à l’export. Ces entreprises exportatrices estiment que leurs exportations représentent en moyenne 20 % de leur chiffre d’affaires ;
- L’an dernier, 40 % des entreprises exportatrices ont vu le niveau de leurs exportations augmenter, et 11 % seulement ont constaté une baisse ;
- 54 % des entreprises exportatrices prévoient une hausse des exportations l’an prochain (de 3,2 % en moyenne) ;
- 12 % seulement des entreprises disent recevoir le soutien nécessaire de la part du gouvernement pour augmenter leurs exportations, les deux principaux obstacles étant les coûts logistiques (30 %) et la concurrence sur les marchés internationaux (25 %) ;
- Près d’un tiers des entreprises (29 %) estiment que la priorité du gouvernement pour les aider à augmenter leurs exportations devrait être de les soutenir davantage financièrement ;
- 23 % des décideurs estiment que les contraintes bureaucratiques et législatives constituent l’obstacle majeur au développement des entreprises. 16 % pointent principalement le taux d’imposition et la fiscalité, et 11 % la gestion des problèmes économiques par le gouvernement.
- Enfin, près d’un quart des entreprises (23 %) jugent que, pour les aider, leur gouvernement devrait en priorité réduire la bureaucratie. Plus d’un cinquième d’entre elles (21 %) demandent une baisse de leur taux d’imposition.
Pour en savoir plus : www.sage.fr/fr/businessindex

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