Comportements et attentes des conducteurs lors des déplacements professionnels

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Commerciaux, artisans, contremaîtres, infirmiers, médecins… nombreux sont les métiers imposant des déplacements réguliers. Or la route est la première cause d’accident mortel au travail. L’assureur MMA a ainsi lancé une étude pour mieux connaître et comprendre les comportements et les attentes en matière de prévention des professionnels qui sont régulièrement sur la route.

Les professionnels interviewés.
Les professionnels interviewés.

Constat : alors qu’ils connaissent les règles de sécurité et les conséquences de leur non-respect, une large majorité des professionnels qui passent une partie de leur quotidien sur les routes déclarent adopter des comportements à risque lors de leurs déplacements professionnels : téléphone au volant, vitesse excessive, conduite en état de fatigue, etc. Ils souhaitent donc un accompagnement actif de leur entreprise dans la prévention des risque routiers.

La route, première cause d’accident mortel au travail

Chaque année, près de 20 000 accidents du travail sont des accidents de la route. Trop souvent sous-estimé, le risque routier est un risque professionnel majeur qui se caractérise par la gravité de ses accidents. Ainsi, alors qu’il est à l’origine de 3 % des accidents du travail, il représente plus de 20 % des accidents mortels du travail, ce qui en fait la première cause de décès au travail. En 2012, 19 565 accidents routiers se sont soldés par 115 décès et 1 878 incapacités permanentes. Et le risque routier est d’autant plus complexe à appréhender que ses origines sont multifactorielles. Sont notamment mis en cause l’environnement (météo, route…), le véhicule (entretien…), l’organisation du travail (horaires…), mais également le conducteur lui-même (fatigue, stress…).
Dans le cadre de ses actions de prévention des risques routiers, MMA a lancé une étude sur « les actifs et la route ». Pour Stéphane Daeschner, en charge de la prévention des risques routiers chez MMA, confirme : « L’appréhension des risques professionnels liés à la route est l’une de nos priorités. Cette étude apporte des enseignements précieux pour mieux connaître les attentes de ces professionnels et travailler sur des actions de prévention plus adaptées à leurs réalités terrain. »

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L’expérience du fleuriste…

Des actifs au fait des règles et des risques

- Neuf conducteurs sur dix ont déclaré, à raison, que s’arrêter et faire une pause était le seul remède contre la somnolence. Huit sur dix connaissent les sanctions encourues pour conduire en tenant son téléphone à la main. La majorité connaît également les sanctions encourues pour un dépassement de vitesse de 10 km/h (58 %) et le taux maximum d’alcool autorisé dans le sang (55 %). En revanche, seuls 35 % savent que le risque routier est le principal risque d’accident mortel au travail.
- Par ailleurs, un actif sur trois a déjà eu un accident, manqué d’en avoir un, ou a été sanctionné durant un trajet lié à son activité. Les professions libérales et cadres supérieurs (44 %) ainsi que les professionnels de la construction (41 %) se révèlent plus concernés que la moyenne par ces accidents et sanctions.
- Par ailleurs, 85 % des conducteurs admettent avoir déjà eu un comportement dangereux lors de leurs déplacements professionnels : trois sur quatre ont déjà utilisé leur téléphone au volant, sept sur dix ont déjà dépassé la vitesse autorisée, et près de huit sur dix ont déjà conduit en état de fatigue.
- L’usage du téléphone au volant concerne 74 % des actifs, et il arrive encore à 32 % d’entre eux de tenir le téléphone à la main. En revanche, les actifs utilisent déjà majoritairement le kit mains libres sans fil (53 %), point positif alors que le gouvernement vient d’annoncer l’interdiction du kit mains libres avec oreillettes au 30 juin 2015.
Concernant le dépassement de la vitesse autorisée, il est principalement lié à un manque d’attention (pour 32 %). À noter que ce dépassement de vitesse apparaît plus important pour ceux qui ont des responsabilités managériales : 85 % des encadrants de plus de dix personnes.
- Enfin, la conduite en état de fatigue concerne 78 % des actifs. Ce chiffre est directement corrélé au temps passé au volant lors d’une journée de travail (66 % des actifs passant moins de 30 minutes au volant contre 85 % lorsque les trajets durent quatre heures).

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… Et celle du conducteur de travaux qui roule à moto.

Déplacements professionnels ou privés : pas les mêmes !

À noter aussi que 27 % des actifs respectent davantage les limitations de vitesse lorsqu’ils se déplacent pour raison professionnelle que personnelle. De même, ils sont 40 % à reconnaître moins facilement conduire s’ils ont consommé plus de deux verres lorsqu’ils travaillent que lors d’un trajet personnel. Concernant les sanctions, 13 % déclarent avoir perdu des points de permis dans le cadre professionnel contre 29 % dans le privé.

Souhait d’accompagnement préventif par l’entreprise

De façon générale, la politique de l’entreprise en termes d’équipement est jugée très satisfaisante : 89 % des actifs s’estiment ainsi satisfaits du véhicule utilisé pour leurs déplacements professionnels. Il est considéré comme facile à conduire par 95 % d’entre eux, bien entretenu (88 %), sécurisant (85 %), confortable (80 %) et récent (69 %).
En revanche, concernant la politique de l’entreprise en prévention des risques routiers, 39 % des conducteurs mentionnent l’absence d’actions, 32 % les estiment rares et seulement 29 % régulières. Les actifs qui rendent compte d’actions régulières sont ceux qui passent plus de quatre heures par jour au volant (46 %) et ceux du secteur de la construction (42 %). Seul un actif sur quatre effectuant des trajets professionnels a déjà suivi une ou plusieurs formations de sensibilisation aux risques routiers. Les répondants ayant une fonction d’encadrement (31 %) sont plus nombreux à avoir suivi ce type de formation. C’est également le cas des professionnels ayant déjà eu un accident ou un retrait de point (42 %). Il apparaît donc que ces formations sont davantage proposées en réaction qu’en prévention. Parmi les attentes exprimées en matière de prévention des risques routiers, trois types d’action se distinguent :
- 30 % des actifs souhaitent l’organisation d’une journée sur ce thème
- 29 % une réduction du nombre de déplacements professionnels
- 29 % la mise en place de formations dédiées. Cette dernière action est particulièrement sollicitée par ceux en ayant bénéficié par le passé (34 %), signe qu’ils y ont vu un impact positif sur leur manière d’aborder le risque routier. Face aux résultats de cette enquête exclusive et afin de sensibiliser les professionnels au risque routier, MMA propose, sur son site internet zerotracas.com, un dossier complet ainsi que des interviews vidéo de professionnels.

Mots clefs associés à cet article : Sécurité routière, Plan de prévention

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