Baromètre sécurité Axa Prévention : du mieux sauf sur les routes

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Malgré le nombre de morts qui augmente depuis deux ans sur les routes de France, on constate des améliorations sur certains comportements au volant. De bons résultats dégradés par l’état des routes nationales et départementales.

Les routes nationales et départementales sont très dégradées.
Les routes nationales et départementales sont très dégradées.

Après une année 2015 marquée par la baisse du nombre de bons conducteurs, des améliorations sont heureusement constatées sur des pratiques à risque telles que l’alcool, le téléphone au volant, les excès de vitesse sur autoroute et en ville. En revanche, et c’est l’enseignement fort de l’édition 2016 du baromètre Axa Prévention, il apparaît que le sentiment d’insécurité varie fortement selon le réseau où l’on circule. Les routes nationales et départementales, parmi les plus fréquentées, sont ainsi des zones où les prises de risque sont fortes et le sentiment de sécurité au plus bas.

Alcool, téléphone au volant et vitesse…

Même si la mortalité routière a augmenté en 2015 (3 464 décès en 2015 soit + 2,4 %), le nombre d’accidents, de personnes blessées et hospitalisées est en baisse. Le baromètre fait apparaître que certaines pratiques à risque des automobilistes se sont améliorées :
- Alcool : 23 % des automobilistes reconnaissent prendre le volant après avoir consommé deux verres d’alcool (contre 28 % en 2015, soit une baisse de 5 points). Ils sont également moins nombreux à conduire après avoir bu quatre ou cinq verres d’alcool (4 %, contre 6 % en 2015). Les conducteurs ayant bu de l’alcool ont 8,5 fois plus de risques que les autres d’être responsables d’un accident mortel*.
- En France, 30 % des personnes tuées le sont lors d’un accident dans lequel au moins un conducteur présentait une alcoolémie au-dessus de 0,5 g/l. Une des mesures du plan de Bernard Cazeneuve et mise en application au 1er juillet 2015 limite le taux d’alcool à 0,2 g/l pour tous les permis probatoires. À noter que 0,2 g/l, c’est zéro verre d’alcool car, dès le premier verre, ce seuil peut être dépassé.
- Téléphone au volant : les Français téléphonent moins en conduisant. Même s’ils sont encore 30 % à le faire, la baisse est significative par rapport à l’année dernière (38 % en 2015, soit une baisse de 8 points). Ils sont 15 % à consulter ou à envoyer des SMS au volant (contre 23 % en 2015). Le smartphone reste malgré tout un danger au quotidien. Près d’un conducteur sur deux déclare l’utiliser souvent au volant pour au moins un usage (appels, SMS, mails, GPS, etc.). Téléphoner au volant est considéré comme un distracteur de conduite qui multiplie par trois le risque d’accident.
- Vitesse : on constate cette année une baisse significative des mauvais comportements liés à la vitesse. Ainsi, sur autoroute, 14 % des conducteurs reconnaissent rouler à 160-170 km/h (19 % en 2015). Cette amélioration se constate également en ville, où ils sont 39 % à reconnaître rouler à 65 km/h (44 % en 2015).

Des différences selon le réseau emprunté

Sur les réseaux secondaires, les routes les plus fréquentées par les automobilistes, 41 % des Français déclarent se sentir en insécurité. En cause : le comportement des autres conducteurs pour 86 % des personnes interrogées, le manque d’entretien des infrastructures (59 %), la mauvaise signalisation des zones de danger (30 %).
Autre constat : plutôt que de respecter les limitations de vitesse, 32 % des automobilistes affirment adapter leur rythme de conduite à celui des autres. Ainsi, 25 % des Français reconnaissent rouler à 120-130 km/h au lieu de 90 km/h. Les routes nationales et les départementales représentent plus de 386 000 kilomètres de réseau. 83 % des automobilistes conduisent au moins une fois par semaine sur une route secondaire pour un trajet type (un aller) en moyenne de 25 kilomètres parcourus et une durée moyenne de 26 minutes. Les chiffres de l’accidentalité routière confirment la perception des automobilistes : les accidents sur les routes bidirectionnelles représentent plus de la moitié de la mortalité sur les routes.

En ville, c’est dit-on, mieux

Même si en conduisant régulièrement en site urbain et périurbain on n’a pas du tout ce ressenti, les comportements s’améliorent selon la même étude. Ainsi, 47 % des automobilistes déclarent ne pas se sentir en sécurité en ville en raison d’un trafic dense et de prises de risque liées à l’engorgement urbain. Cependant, cette année et pour la première fois, on enregistre une amélioration globale sur les trois infractions principales :
- 39 % des conducteurs déclarent conduire à 65 km/h (44 % en 2015, soit une baisse de 5 points).
- 47 % des automobilistes doublent ou tournent sans mettre leur clignotant (50 % en 2015, soit une baisse de 3 points). Et pourtant on assiste tous les jours au contraire !
- 75 % d’entre eux ne s’arrêtent pas au feu orange (78 % en 2015, soit une baisse de 3 points), un léger mieux même si la situation reste préoccupante. Les routes communales et les rues représentent près de 666 000 kilomètres de réseau. Un piéton a 95 % de chance de survie lors d’un choc à 30 km/h, 53 % à 50 km/h et seulement 20 % à 60 km/h (données Prévention routière). Enfin, deux tiers des accidents mortels en ville concernent des usagers vulnérables : piétons et cyclistes.

C’est mieux sur autoroute

Seuls 13 % des conducteurs se sentent en insécurité sur autoroute. Des pratiques à risque y perdurent néanmoins :
- 14 % des conducteurs déclarent rouler à 160-170 km/h (19 % en 2015, soit une baisse de 5 points).
- 21 % des automobilistes reconnaissent doubler par la droite (23 % en 2015, soit une baisse de 2 points).
- 33 % des conducteurs négligent encore les pauses nécessaires et conduisent sans s’arrêter pendant quatre ou cinq heures d’affilée (35 % en 2015, soit une baisse de 2 points).

Les autoroutes représentent près de 12 000 kilomètres de réseau, et 19 % des automobilistes conduisent au moins une fois par semaine sur autoroute. Sur autoroute, un accident mortel sur trois est dû à un endormissement au volant.
Tels sont les résultats de l’enquête menée du 18 décembre 2015 au 5 janvier 2016 auprès d’un échantillon national dit représentatif de 1 543 automobilistes. Les témoignages ont été recueillis par interviews téléphoniques d’une durée moyenne de 25 minutes.

* d’après l’ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière)

Mots clefs associés à cet article : Assurance, Sécurité routière, Enquêtes

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