BMW i3, bienvenue dans le XXIe siècle !

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Avec la BMW i3, nous assistons à la naissance d’une nouvelle voiture, d’une nouvelle marque (BMWi), de nouvelles méthodes de conception, de production comme de réflexion et réalisation en matière de mobilité durable. C’est original, agréable, fonctionnel et plutôt réussi. Nous avons été conquis… un peu moins par le prix !

Les véhicules électriques représentent l’un des éléments d’une mobilité durable, même si l’Ademe remet aujourd’hui en cause leur bilan écologique global, notamment sur leur cycle de fabrication… Quoi qu’il en soit, si l’on veut pouvoir continuer à rouler sans émettre de polluants et de gaz à effet de serre, les véhicules électriques d’aujourd’hui (et ceux à hydrogène de demain) s’avèrent déjà incontournables. Pour faire face à ces nouveaux besoins et contraintes en matière de mobilité, BMW a pris le parti de créer une nouvelle marque à part entière : BMWi qui, en plus de cette toute nouvelle i3, verra naître d’autres modèles dont la toute prochaine et très sportive i8 (2014), puis une i5, selon nos sources.

Une conception et une réflexion totalement nouvelles

Après avoir faire rouler sur 21 millions de kilomètres des Mini E et une BMW Active E (camouflée sous la peau d’une Série 1), voilà que le constructeur vient de commercialiser fin novembre l’innovante i3. Son châssis tout en aluminium accueille les batteries et leur système de refroidissement dans son double plancher, tandis que l’habitacle entièrement réalisé en carbone (50 % plus léger que l’acier) renferme, lui, quantité de nouveaux matériaux naturels, recyclables ou déjà recyclés : laine, cuir, bois d’eucalyptus, kenaf (fibre naturel de renfort), etc. Le tout est assemblé dans deux usines différentes : la première, située aux États-Unis (Moses Lake), est alimentée en électricité par un barrage hydroélectrique et fabrique la fibre de carbone du “module Life”, soit la structure de l’habitacle. La seconde, sise à Leipzig, réalise l’assemblage par collage et quelques points d’ancrage des modules Life (habitacle) et Drive (châssis). Elle est alimentée par un réseau d’éoliennes pour suivre la logique de conception et fabrication durable.

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Une ligne originale et fonctionnelle

Agréable à l’œil, tant dans par forme que par sa “carrosserie” (ou plutôt sa peau faite d’éléments plastiques thermoformés), la i3 est toujours déclinée en tons bicolores. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle attire le regard des passants, mais souvent après coup. Car la i3 est – trop ? – silencieuse, et cette qualité devient source de danger en sortie ou manœuvre de parking. Le discret bip-bip des bus électriques parisiens serait par exemple le bienvenu pour y remédier. C’est d’autant plus vrai que la i3 est un régal à conduire en ville puisque ses grandes roues étroites de 19”, placées aux quatre coins de l’auto, lui confèrent un rayon de braquage des plus courts (9,86 m) pour une voiture de 4 mètres de long. Avec seulement quatre étoiles obtenues au global des tests EuroNCAP, la i3 n’en demeure pas moins une voiture très sûre. Dans le cas d’un accident grave où la structure carbone viendrait à être touchée (une part infime des accidents potentiels), les éléments pré-marqués pour être découpés seraient remplacés par d’autres par simple collage, comme cela se pratique couramment en aéronautique.

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Un comportement routier sain et homogène

Une fois la porte ouverte, l’on prend place très facilement à bord avec une position de conduite assez haute sans être du type 4x4 ou fourgon… C’est clair, fonctionnel et l’on s’y sent très vite à l’aise. On en oublierait presque que l’on est à bord d’un véhicule électrique, s’il n’y avait l’absence de bruits intérieurs au profit, en revanche, des bruits ambiants extérieurs ou de ceux dus au roulage sur des revêtements en mauvais état (pavés en ville et certaines départementales). L’autre caractéristique du véhicule est son fort pouvoir de décélération dès que l’on relâche le pied de l’accélérateur. C’est d’autant plus impressionnant et efficace que les feux stop s’éclairent dès le lever de pied pour prévenir les conducteurs suivants.
Sinon la voiture est ferme mais agréable à conduire (la totalité du couple des 170 ch est présente immédiatement). Vive, elle tient bien la route et, sur ce point également, l’on oublie très vite qu’il s’agit d’un véhicule électrique fait pour avaler les kilomètres… Sauf que l’autonomie théorique de 130 à 150 kilomètres sans prolongateur (plutôt 110 selon nous) vous rappelle cruellement à l’ordre.

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Heureusement le petit moteur essence (réservoir de 9 litres) du “ range extender ” (Rex) ou prolongateur d’autonomie (lui bruyant) permet de doubler le kilométrage, ce qui le rendra très vite indispensable. Le range extender nous paraît indispensable, et ce d’autant plus que le maillage français de bornes de recharge est encore aujourd’hui, malgré les promesses, anémique. Il sera d’ailleurs très prochainement régulièrement mis à jour dans le GPS (carte SIM, dans chaque voiture) pour ne pas se retrouver en rade à quelques dizaines de kilomètres de chez vous ou du bureau ! Au pire le fameux Rex répondra aux besoins. Cette i3 « née électrique » tant dans sa conception que dans sa production vous sera facturée de 35 000 à 41 600 euros selon sa livrée (deux finitions : i3 et Urban Life), qu’elle soit équipée ou non du range extender. La finitions intérieure, quant à elle, regroupe trois niveaux avec des matériaux différents pour l’Urban Life : Esprit interieur Loft à 1 550 euros ; Esprit intérieur à 2 000 euros ; et Esprit intérieur Suite à 3 000 euros. Elle est également livrable sous forme de location modulable pendant toute la durée du contrat, qui inclut l’entretien et des services de mobilité à la carte. Mais, quelle que soit l’option choisie, l’ensemble est garanti 2 ans et la batterie 8 ans et 100 000 kilomètres.

Un indéniable positionnement entreprise

Nous avons profité de cet essai “éclectique et électrique” pour demander une tarification de la i3 et de ses concurrentes sur ce marché des berlines électriques. Dans quoi nous étions-nous lancés ? Si l’ensemble des loueurs déclarent pouvoir tarifer de l’électrique, un seul avoue préférer ne pas le faire et les autres disent oui pour finalement dire non… Un seul multimarque a eu le courage se lancer (ALD Automotive). Le second, et ce n’est pas une surprise, fut Alphabet, le multimarque maison… En fait, les captives sont aujourd’hui (les seules ?) et surtout les mieux placées pour tarifer des électriques. Si nous avons fini par obtenir des loyers et un TCO (moyenne reprise dans le tableau joint), silence radio en revanche sur la VR, que certains, pour ne pas prendre de risque, estiment à zéro ! Quoi qu’il en soit, la i3 est certes chère à l’achat (politique BMW des packs et des options), mais elle est également commercialisée sous la forme d’un contrat de location incluant entretien et garantie. C’est ce mode que choisiront nécessairement les entreprises pour un TCO global compris entre 784 et 930 euros mensuels sur la base d’une loi de roulage de 36 mois et 45 000 kilomètres ; soit pas plus de 15 000 kilomètres par an, ce qui semble être la norme aujourd’hui pour ce type de véhicule.

Mots clefs associés à cet article : BMW, Alphabet, Véhicule électrique

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