Affaire Volkswagen : quelles conséquences à venir pour le groupe ?

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La campagne de rappel pourrait débuter en janvier.
La campagne de rappel pourrait débuter en janvier.

Après la tempête médiatique des premiers jours, l’heure est désormais à l’analyse sereine des éventuelles conséquences du scandale du logiciel truqueur implanté dans plus de 11 millions de modèles du groupe Volkswagen à travers le monde. Cette affaire aura inévitablement des répercussions sur la santé financière de l’entreprise. Beaucoup s’interrogent également sur la valeur de revente des véhicules incriminés.

Des finances et une image mises à mal

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Matthias Müller, le nouveau patron de VW, estime que le préjudice financier sera énorme.
Matthias Müller, le successeur de Martin Winterkorn à la présidence du directoire du groupe Volkswagen, s’est exprimé pour la première fois devant les salariés de l’entreprise sur l’impact qu’aura cette tricherie sur les gaz d’échappement. « Outre le préjudice financier qui est énorme et que nous ne pouvons pas encore exactement chiffrer aujourd’hui, cette crise est surtout une crise de confiance parce qu’elle concerne le cœur de notre entreprise » indique-t-il. Il ajoute que la « principale mission sera de restaurer la confiance perdue auprès de nos clients, de nos partenaires, de nos investisseurs et du grand public. Ce n’est que lorsque tout aura vraiment été élucidé, sans omettre quoi que ce soit, que le public nous fera à nouveau confiance ».

Quant aux conséquences financières, elles sont encore difficiles à estimer. Pour l’heure, le groupe a provisionné 6,5 milliards d’euros mais cette somme sera insuffisante pour faire face aux suites judiciaires, au coût des rappels et au possible ralentissement des ventes. « Alors que des solutions techniques pour remédier à ces problèmes seront bientôt effectives, il n’est à ce jour pas encore possible de chiffrer les répercussions commerciales et financières », assure pour l’heure Matthias Müller. Il avoue toutefois que l’entreprise réexamine tous les investissements qu’elle a prévus. « Tout ce qui n’est pas nécessaire de manière urgente sera abandonné ou reporté. Nous allons ajuster le programme d’efficacité. Je vais être totalement transparent : cela ne se fera pas sans douleur », reconnaît enfin le nouveau patron de VW. Rappelons également que le groupe a perdu près de 40 % de sa valeur boursière dans les jours qui ont suivi la révélation de l’affaire.

Des valeurs résiduelles qui se maintiennent… pour le moment

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Autovista constate que les valeurs de revente se maintiennent.
Les clients de Volkswagen dont le ou les véhicules sont concernés par le scandale peuvent légitimement se poser la question de leur valeur de revente. Les premières nouvelles se veulent rassurantes. « Force est de constater que, pour le moment, le VW-Skandal n’a pas eu d’impact notable sur le comportement des marques du groupe Volkswagen sur le marché du VO français », révèle Autovista. Sur la période allant du 17 septembre au 2 octobre, seul Škoda a vu ses valeurs de publication reculer de 0,11 %. Celles de Volkswagen et Audi restaient stables (+ 0,03 % et + 0,01 % respectivement) tandis que celles de Seat progressaient de 0,35 %.

Le coteur estime toutefois que le véritable impact est à venir. « Une fois modifiés, les véhicules pourraient notamment perdre en puissance, donc en performance. Ils deviendront de ce fait moins attractifs sur le marché de l’occasion, d’autant que le soupçon pèse désormais sur eux. Si l’on y ajoute la mauvaise réputation faite au diesel en général, il semble probable que leur valeur de marché baisse » indique-t-il. Autovista se garde d’aller plus loin dans son scénario, notamment pour les véhicules actuellement engagés en location longue durée.

La campagne de rappel débutera en janvier

Le groupe Volkswagen travaille actuellement à la mise en place de solutions techniques pour mettre ses véhicules en conformité. En France, cela concerne 948 064 modèles. Volkswagen est la marque la plus touchée avec 574 259 véhicules, devant Audi (189 322 modèles), Skoda (66 572 modèles), Seat (93 388 modèles) et Volkswagen Véhicules Utilitaires (24 523 modèles). Un site web a été mis en place (https://informations.volkswagengroup.fr) ainsi qu’un numéro vert (0805 805 200) afin que les clients puissent vérifier si leur véhicule est doté du fameux logiciel. Le groupe rappelle que les modèles Euro 6 sont conformes à la législation et que les modèles incriminés restent totalement sûrs.
L’intérêt de Volkswagen est maintenant d’agir au plus vite auprès de ses clients. Une fois que la solution technique sera mise au point et validée par les autorités, la campagne de rappel pourra débuter. Pour Matthias Müller, celle-ci devrait commencer en janvier pour s’étaler jusqu’à la fin de l’année 2016.

Mots clefs associés à cet article : Audi, Seat, Skoda, Volkswagen, Diesel

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